La justice environnementale conjugue préoccupations écologiques, lutte contre les discriminations raciales, et enjeux sociaux pour garantir le droit de toutes et tous a un environnement sain. Ici, quelques sources sur les réflexions sur ces sujets.
Une étude assez complète des débats académiques ayant agité les Etats-Unis pendant deux décennies, rédigée par Paul Mohai, David Pellows et J. Timmons Roberts, « Annual Review of Environment and Resources », est disponible en version anglaise (et malheureusement payante).
Le 22 février 2013, l’économiste et conseiller à l’OFCE Eloi Laurent remet un rapport à la Ministre du logement et de l’égalité des territoires, Cécile Duflot, abordant largement la question et les limites de la justice environnementale en France. Le rapport, intitulé « Vers l’égalité des territoires : une introduction » est disponible en français et en accès libre ici. De nombreux travaux d’Eloi Laurent abordent cette approche à la fois en France et au niveau européen (voir Environmental justice and environmental inequalities: a European approach, publié en 2010). Il publie notamment également « Reconnaître, en France, l’inégalité et la justice environnementales », Actuel Marx, n° 61, 2017.
D’autres chercheurs et chercheuses français.es s’adressent à la justice environnementale, parmi les plus notables :
David Blanchon, Sophie Moreau, Yvette Veyret, « Comprendre et construire la justice environnementale », Annales de géographie, n° 665-666, 2009, p. 35-60.
Zoé Lejeune, doctorante en sciences économiques et sociales de l’Université de Liège en Belgique, dont l’un des articles (La justice et les inégalités environnementales : concepts, méthodes et traduction politique aux États-Unis et en Europe, 2015) est accessible ici et dont les travaux méritent lecture ;
Lydie Laigle, directrice de recherche spécialisée dans les politiques des collectivités (voir notamment cet article) ;
Cyria Emelianoff, spécialiste des enjeux liés aux villes durables dans les pays du Nord comme « des Suds » dont plusieurs articles sont disponibles ici ;
Razmig Keucheyan, dont notamment « La lutte des classes dans la nature », Cahiers d’histoire, n° 130, 2016 ;
Caroline Lejeune, dont avec Marie Drique « Penser la justice sociale dans un monde fini », Revue Projet, vol. 356, n° 1, 2017, p. 15-22, ou encore l’article disponible en ligne « Justice sociale et durabilité : la rencontre est-elle possible ? ».
Lucile Maertens, contributrice à l’ouvrage collectif « Un monde d’inégalités » publié en 2017 sous la coordination de Bertrand Badie et Dominique Vidal, à travers son article « Les pauvres à la merci des dégradations environnementales ».
Catherine Larrère, « La justice environnementale », Multitudes, n° 36, 2009, p. 156-162, ou encore avec Raphaël Larrère, « Penser et agir avec la nature. Une enquête philosophique », Paris, La Découverte, 2015 (chap. 10, « Quelle justice environnementale ? », p. 279-300).
Émilie Hache, « Justice environnementale, ici et là-bas », Contretemps, 2013.
Laurent Neyret, « Pour la reconnaissance du crime d'écocide », Revue juridique de l’environnement, vol. 39, HS n° 1, 2014, p. 177-193.
Joan Martinez-Alier. « Justice environnementale et décroissance économique : l'alliance de deux mouvements », Écologie & politique, vol. 41, n° 1, 2011, p. 125-141.
Malcom Ferdinand enfin, dans son ouvrage « Pour une écologie décoloniale » aborde un aspect complémentaire de la justice environnementale en faisant entendre la voix des antillais.es et plus largement des descendant.e.s d’esclaves dans l’histoire de la lutte environnementale française ; une entreprise déjà développée dans l’ouvrage collectif « Environnement et inégalités sociales » publié en 2015. Il ne fut pas le seul, puisqu’Emilie Hache, dans l’article précédemment cité, évoque le mouvement LKP qui anima les Antilles en février 2009 comme un mouvement de justice environnementale puisqu’il aborda notamment l’accès des populations aux ressources naturelles antillaises et de Métropole. Une vision corroborée par le « Manifeste pour des produits de haute nécessité » alors publié aux Editions Galaade en 2009 par Patrick Chamoiseau, Edouard Glissant et d’autres.
Marie-Laure Lambert, Aurélie Arnaud et Cécilia Claeys, rédigèrent un article dédié à la participation des différentes catégories de population et leur capacité de s’opposer à des projets d’installations diverses dans leur article : « Justice climatique et démocratie environnementale - Les inégalités d’accès au droit des populations vulnérables aux risques littoraux – quelques éléments de comparaison. » publié en mars 2019.
Une liste de lecture complémentaire pour les anglophones proposée par le Sabin Center for Climate Change Law, qui fournit un travail formidable d’analyse des actions en justice climatique à travers le monde (portées par les entreprises comme par les citoyen.ne.s).